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La monnaie solidaire

Trois questions à Jean-Yves Praud, vice-président du Conseil général chargé de l’économie sociale et solidaire
Qu’est-ce qu’une monnaie solidaire ?

C’est une monnaie complémentaire de la monnaie nationale, qui n’a pas vocation à s’y substituer. Elle permet de procéder dans un territoire défini à des échanges locaux de biens et de services respectueux de l’homme et de l’environnement. Cette démarche prend tout son sens dans la crise économique et financière que nous traversons, qui met en lumière la grande fragilité de l’économie réelle face à la spéculation financière. Les opinions publiques et les acteurs de la consommation responsable sont désormais prêts à expérimenter de nouveaux modèles économiques. Le Conseil général d’Ille-et-Vilaine a un rôle moteur dans le développement de ces alternatives.

Quel est son mode de fonctionnement ?

Prenons l’exemple de la ville de Toulouse, qui expérimente depuis avril 2011 dans 3 quartiers, une monnaie complémentaire, le Sol-Violette. Le citoyen échange un euro contre un Sol (comme « solidaire ») aux guichets du Crédit municipal ou du Crédit coopératif. De vrais billets sont imprimés en coupures de 1, 5,10 sols… Le Sol est accepté dans une cinquantaine de commerces et entreprises référencés selon une charte éthique (alimentation bio, magasins du commerce équitable, entreprises d’auto-partage, restaurants, librairies, médiathèques, cinémas, musées…). Le commerçant qui reçoit les Sols peut à son tour les dépenser chez ses fournisseurs qui partagent les mêmes valeurs. Six mois après, il y a déjà 500 Solistes à Toulouse.

Quelles actions souhaitent mener le Conseil général d’Ille-et-Vilaine ?

Nous allons nous inspirer des différentes expériences menées en Europe et en France depuis plusieurs années pour construire, avec l’ensemble des acteurs concernés (citoyens, élus, entreprises, collectivités…) du ou des territoires qui seront choisis, une expérimentation. Notre objectif est de protéger l’environnement, promouvoir l’emploi local et favoriser les achats responsables. La soirée du 26 septembre organisée en partenariat avec l’ONG Pekea, au cours de laquelle nous avons accueilli le philosophe de Patrick Viveret et Célina Whitaker de l’association SOL, était la première étape de cette démarche.