Les découvertes archéologiques des Landes de Cojoux à Saint-Just





En complément de l'article paru dans Nous Vous Ille en juin 2010, voici l'interview d’André Corre, membre du Cerapar, centre de recherches archéologiques du pays de Rennes.
Le tertre du Tribunal à St-Just
Photo 1 : le tertre du Tribunal et son ensemble de blocs de quartz.
© cg35
Nous Vous Ille : L’incendie qui a touché les landes de Cojoux à Saint-Just le 1er septembre 2009 a eu entre autres conséquences, la découverte de nouveaux vestiges préhistoriques… Est-ce une surprise pour vous ?
André Corre : Non, les incendies peuvent révéler des sites jusqu’alors enfouis dans la végétation, c'est pourquoi le Cerapar (Centre de Recherches Archéologiques du Pays de Rennes) a répondu favorablement à la demande du service régional de l'archéologie afin d'effectuer un recensement et une étude des monuments mégalithiques, peu ou pas connus, mis au jour suite à cet incendie.
Parallèlement, des recherches ont été effectuées dans les textes anciens. Ils nous ont guidés pour retrouver des vestiges oubliés.
Cette étude est un complément aux opérations réalisées sur les monuments après les incendies de 1976 et 1989 (alignements du Moulin, ensembles funéraires du Château-Bû, de la Croix-Saint-Pierre...).
Structure énigmatique à St-Just (35)
Photo 2 : Ces blocs énigmatiques pourraient être les vestiges d'un monument mégalithique.
© cg35.
Qu’avez-vous pu (re)découvrir ?
Nous avons dressé un inventaire de ces découvertes ou redécouvertes et établi un état des lieux de ce qui subsiste aujourd’hui :

- L'ensemble appelé "le tertre du Tribunal", constitué de blocs de quartz sur une élévation de terre. Ce monument, qui s’est beaucoup dégradé au fil du temps, n'a pas souffert de l'incendie mais le CERAPAR l'a étudié avec l’accord du Conseil général (photo 1).
- Une structure énigmatique qui pourrait être les restes d'un monument mégalithique d'une certaine importance (photo 2).
- Plusieurs menhirs couchés dont certains sont cités dans un texte de Paul Bézier de 1883. D'autres sont inédits.
- Un hémicycle ruiné en blocs de quartz dessiné en 1865 par Joseph Desmars, un érudit local.
- Les "Petites Roches Piquées", un alignement sur un tertre allongé de près de 200 mètres malheureusement perturbé. Il est cité dès 1830 par Bachelot de la Pylaie.
- Un double alignement mutilé ou enceinte allongée cité par Paul Bézier en 1883.
- L'ensemble de la Croix-Madame, déja étudié, a fait l'objet de dessins précis. Un relevé topographique complémentaire a mis en évidence un troisième tertre venant compléter les deux déjà connus (photo 3).
Restes d
Photo 3 : Après l'incendie, un des trois tertres tumulaires de la Croix-Madame réapparaît.
© cg35.
De quelle période datent ces vestiges ?
Nous avons fait un recensement et des dessins mais seules des fouilles permettraient de dater les vestiges. Par comparaison avec les nombreux monuments déjà connus sur le site des Landes de Cojoux, Ils peuvent s'étaler dans une large fourchette qui va du Néolithique (5 000 ans avant Jésus-Christ) jusqu’à l’âge du Bronze (800 ans avant Jésus-Christ).
Propos recueillis par Corinne Duval

Le Cerapar est une association de bénévoles en archéologie basée à Pacé qui compte plus de cent d'adhérents.
Ses membres travaillent en lien avec le service régional de l’archéologie.
Parmi ses activités, des prospections sont organisées, afin de découvrir des sites inédits et d'enrichir ainsi la carte archéologique.
 
Cet article est à consulter dans le Nous Vous Ille paru en juin 2010.
Mis en ligne mardi 18 juin 2010.