Son idée a germé en passant devant une boulangerie qui se débarrassait d'une imposante masse de pain. Depuis, chaque semaine, des chauffeurs collectent ce pain « perdu » à l'aide de leur camion aux couleurs de l'association, généreusement prêté par le propriétaire des véhicules et du lieu appelé familièrement « la maison » par ces 320 bénévoles.
Destiné à l'alimentation du bétail, le pain est ensuite vendu aux éleveurs locaux. Ceux-ci ont le choix entre deux
options : acheter la chapelure du pain, soit 170 euros/tonne ou acheter le pain en vrac, soit 120 euros/tonne. Les
bénéfices sont réinvestis au Mali, dans la région de Mopti, jumelée avec le département d'Ille-et-Vilaine depuis 1984. Ils permettent de financer des puits villageois et des jardins maraîchers mais aussi du matériel scolaire pour les enfants de ces paysans du Sahel. Toutes les constructions sont sur devis et sont réclamés le plus souvent par les maires des villages ou par d'autres associations présentes sur place au Mali. Les demandes sont envoyées à l'association qui les trie en fonction de leurs besoins. En 2008, « Pain contre la faim » a bâti quatre puits et a investi 24 000 euros dans la région de Mopti.
Nous avons pu interviewer deux des ces nombreux bénévoles :
- Claude Daval, secrétaire de l'association et enseignant à la retraite, a travaillé dix ans à Djibouti comme professeur de Français et d'Histoire-Géographie. De retour en France, il fut directeur du Collège Saint Michel à Saint Aubain d'Aubigné. Par la suite, il nous confie : « Quand on a mis les pieds en Afrique, on y laisse toujours une partie de son cœur ».
- Roger Le Jat, chauffeur à l'association, collecte le pain « perdu » chaque semaine à bord d'un des camions.
L'année précédente, l'association a récolté environ 500 tonnes de pain gaspillées.