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Familles solidaires parrainent mineurs étrangers

famille solidaire
© Jérôme Sevrette

Depuis juillet 2018, le Département a permis à 170 familles volontaires et à 112 jeunes étrangers, arrivés seuls en France, de se rencontrer. Ce sont les familles solidaires. A Fougères et Betton, Antoine et Valérie, ainsi que Bruno et Isabelle témoignent.

Valérie et Antoine, à Fougères, parrainent Tidiane, 17 ans

"Il nous arrive de bricoler, poncer un meuble ou faire la cuisine"

« Nous voulions ouvrir notre porte et partager de bons moments », explique Valérie. Manteau sur le dos, elle s'apprête à raccompagner Tidiane dans son lycée, après un déjeuner en famille.
Depuis 2019, Valérie et Antoine, la trentaine, et leur fils Jules, 7 ans, parrainent ce jeune garçon, arrivé seul de Guinée, en France, à l'âge de 15 ans. « Quand j'ai rencontré Valérie, j'ai su que ça allait bien se passer. C'est comme si nous nous connaissions depuis longtemps », raconte Tidiane.

Passionné de foot et aujourd'hui scolarisé à Fougères, Tidiane remue peu le passé. Pour la petite famille, c'est le présent qui compte. « Il nous arrive de bricoler, poncer un meuble ou faire la cuisine. Parfois, Tidi passe faire un foot avec Antoine ou bien il va chercher Jules à l'école », relate Valérie. Du quotidien en somme. Si, au départ, Tidiane venait dîner tous les jeudis soirs, le confinement puis le couvre-feu sanitaire ont changé la donne. Les retrouvailles sont moins fréquentes mais elles perdurent. « Cela m'aide à oublier des choses et je ne suis plus seul », témoigne Tidiane. De leur côté, s'ils ont des questions, Valérie et Antoine peuvent compter sur les services du Département qui suivent les jeunes mineurs et les parrainages.
Mais pour l'heure, place aux vacances. « Avec le premier confinement, nous avons annulé une visite de Paris. Nous y partirons dès que possible et Tidiane fera partie du voyage », assure Valérie. Une envie partagée.

Isabelle et Bruno, à Betton, et leurs filles Axelle et Clarisse, ont rencontré Adama, 18 ans

Quand Adama évoque sa rencontre avec Isabelle et Bruno, il fait un bref détour par l'arrivée à Rennes, après Bourges et l'Italie, le foyer collectif, la solitude, la découverte du collège sans béquille familiale et les repas trop souvent pris seuls. Très vite, l'étincelle dans ses prunelles se rallume. « Quand mon éducateur m'a parlé d'Isabelle et Bruno, j'ai eu envie de les rencontrer et j'ai vu que ça me faisait du bien. Au départ, les filles travaillaient beaucoup sur leurs devoirs quand je venais le week-end, mais avec le temps, les liens se sont faits naturellement », témoigne-t-il.

A ses côté, Isabelle et Bruno, la cinquantaine, acquiescent. « Quand nous avons entendu parler du parrainage, cela correspondait à notre envie d'accompagner un jeune. Nous en avons parlé à nos deux filles qui avaient 17 et 13 ans à l'époque. Tout le monde était partant. Nous nous sommes rapprochés du Département et avons signé le contrat de parrainage », se souvient Isabelle. Deux ans plus tard, le joyeux quatuor familial considère Adama comme le cinquième membre de la famille. « J'ai découvert Étretat, Paris et le rafting dans les Alpes. Et le taboulé devenu mon plat préféré ! », s’amuse Adama. Passionné par les questions géopolitiques, le jeune Guinéen se destine pourtant à des études liées aux transports et à la logistique : « si je veux faire ma place, je dois travailler beaucoup et aller vite. ».
Pour l'instant, tous se plaisent à évoquer les randonnées et les grandes discussions à cinq, et rêvent du futur plat guinéen qu'ils cuisineront bientôt ensemble. De la joie au quotidien.
 

En savoir plus

Les Mineurs Non Accompagnés (MNA), anciennement « Mineurs isolés étrangers », sont des jeunes de nationalité étrangère arrivés seuls sur le territoire français sans ressources. Ils viennent majoritairement du continent africain (Guinée, Côte d’Ivoire, Mali) mais aussi d’Albanie, d’Afghanistan, etc. Ces jeunes sont pris en charge par le Département dans le cadre de sa mission de protection de l’enfance. 

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