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Prends ma roue : des ateliers vélo pour se remettre en selle

Atelier Prends ma roue photo recadrée

Mode de déplacement actif et engagé, le vélo ne cesse de gagner du terrain dans les zones urbaines et périurbaines. Plébiscitée pour son faible impact sur l’environnement, bénéfique pour la santé, la pratique du vélo n’est toutefois pas une évidence pour tous. À Chartres-de-Bretagne, Bruz, Saint-Jacques de la Lande, le Département d’Ille-et-Vilaine organise des ateliers vélo intitulés « Prends ma roue ». Objectifs : apprendre à pédaler, dépasser ses appréhensions, prendre confiance sur un vélo, assurer sa sécurité dans des conditions de circulation normales et ainsi prendre plaisir à enfourcher un vélo pour se déplacer.

L’usage du vélo : un succès grandissant

La pratique du vélo est en pleine expansion dans les grandes agglomérations comme dans les villes moyennes. Cet engouement fut particulièrement marqué à l’issue du premier confinement en 2020. Même si l’usage de la voiture reste majoritaire dans les déplacements domicile-travail, selon une étude de l’Insee menée au niveau national, entre 2015 et 2020, le recours à la bicyclette pour se rendre au travail a augmenté de 2 points dans les communes-centres, pour atteindre 6 % début 2020.

En tant que mode de déplacement, le vélo ne manque pas d’atouts, il est :

  • Bénéfique pour la santé : Se déplacer à vélo régulièrement améliore la condition physique globale (meilleure santé osseuse, renforcement de la musculature, hausse des performances cardiorespiratoires…). Le vélo apparait comme un excellent levier pour lutter contre la sédentarité, figurant parmi les 10 causes de mortalité au niveau mondial et constitue un risque majeur de développer des maladies chroniques (cardio-vasculaires, cancer, diabète).
  • Ecologique : opter pour le vélo comme mode de déplacement engendre une baisse des émissions de polluants et des nuisances sonores
  • Peu coûteux : excepté l’achat ou la location du vélo en lui-même, faire du vélo ne coûte quasiment rien

Le développement du vélo entraîne des besoins à la pratique auprès des publics divers : jeunes (scolaires, étudiants, jeunes travailleurs) et adultes (salariés, demandeurs d’emplois …), afin d’éviter que la pratique du vélo ne cristallise les inégalités sociales.

Être à l'aise sur un vélo : cela s'apprend !

Prendre son vélo pour aller au travail, emmener ses enfants à l’école ou encore se rendre à des rendez-vous médicaux, possède de multiples avantages. Réduction du budget transport, activité physique régulière, zéro pollution…Toutefois,  de nombreux adultes n’osent pas utiliser un vélo pour se déplacer au quotidien. Il y a de l’appréhension à adopter ce mode de déplacement (après avoir appris ou réappris à faire du vélo) notamment en milieu urbain avec une circulation importante. Sur le territoire, des inégalités sont observées entre le milieu urbain où la pratique se développe avec des aménagements qui facilitent ce mode de déplacement et le milieu rural et péri-urbain où il est plus difficile de se déplacer  avec un manque d’aménagement et la longueur des déplacements.

Mis en œuvre par les Centres Départementaux d’Action Sociale du Département, les ateliers « Prends ma roue » visent à réduire ces inégalités d’usage. Sur 5 à 7 séances d’une demi-journée, les participant.es s’exercent à pédaler, à améliorer leur équilibre, ils apprennent aussi à adopter les bons gestes de sécurité, à être à l’aise à vélo en milieu urbain. "On commence d'abord sur le plateau sportif sur lequel les personnes peuvent s'entraîner aux manipulations, slaloms, freinages, l'idée est de répéter les exercices pour que les gens se sentent de plus en plus en confiance", explique Rodolphe Brière, l'éducateur sportif qui anime ces ateliers.

"Pour prendre confiance, cet apprentissage dans un périmètre sécurisé est primordial", explique-t-il. Car la pratique du vélo peut parfois générer du stress. "Souvent, ils sont très angoissés au départ, ils disent que c'est compliqué, qu'ils ne vont pas arriver... Certaines personnes de 55 ou 60 ans n'ont pas fait de vélo depuis 25 ans, d'autres ne sont jamais montés sur un vélo, c'est important de ne pas les brusquer, de prendre le temps de les mettre en confiance, qu'ils retrouvent leurs marques, leurs réflexes", explique l'éducateur.
 

Depuis le démarrage de ces ateliers, une quinzaine de personnes de 30 à 65 ans y ont participé. Pour certains comme Karine, les progrès sont spectaculaires. Au début, totalement ténanisée simplement en marchant à côté du vélo, elle sait aujourd'hui se déplacer à vélo et y prend du plaisir. Pour débuter, il est aussi possible d'utiliser une draisienne pour adulte. Une excellente entrée en matière pour travailler l'équilibre.

Sur le plateau sportif, les participants passent un petit test pratique. Ils doivent parcourir une dizaine de mètres sur une bande de 30 centimètres de large en ligne droite. Sur circuit, ils apprennent aussi à être à l'aise avec des gestes liés à la sécurité comme lâcher une main du guidon pour indiquer qu'ils tournent ou encore le démarrage en côte. Ils peuvent mesurer leur progression à travers un carnet de suivi.

Une fois que les fondamentaux sont maîtrisés, les participants.tes passent en conditions réelles de circulation. "Le plateau sportif se situe à proximité de pistes cyclables pas trop fréquentées, sur lesquelles on commence à circuler en groupe. Puis on passe sur des zones plus fréquentées comme le marché de Bruz par exemple".

La finalité de ces séances : devenir autonome dans les déplacements à vélo et y prendre du plaisir. Certains veulent pouvoir partager cette activité avec leurs amis ou leurs petits enfants, d'autres se déplacer sur des petites distances. "D'autres recherchent aussi à faire de l'exercice physique régulier, c'est une démarche aussi psychologique de remise en mouvement", précise Rodolphe Brière. Yolande par exemple, a commencé par la draisienne et a été étonnée de ressentir de nombreuses courbatures suite à la deuxième séance. "J'ai eu vraiment mal aux abdominaux, alors que pourtant je marche", explique-t-elle.

Sur le plateau sportif, l'apprentissage du vélo est aussi l'occasion de créer du lien social entre les participants.es. Guidé par Rodolphe, en petit groupe, ces cyclistes débutants s’entraident et prennent confiance. Le moniteur les initie aussi à l’entretien de leur vélo (vérifications techniques d’usage comme le gonflage des pneus, le contrôle des pneus…).