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Qui sont les agricultrices d'Ille-et-Vilaine ?

Depuis toujours, les femmes ont travaillé dans les fermes. Quelle place ont-elles aujourd’hui dans le monde agricole ? Qui sont les agricultrices d’Ille-et-Vilaine ? Faites le point !

Un quart des exploitations dirigées par des femmes

Une enquête réalisée par le CIVAM (centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) et l’Adage 35 (une association d’éleveurs pour l’agriculture durable) et financée par le Département, permet de retracer l’évolution de la place des femmes en agriculture.

Depuis toujours, les femmes ont travaillé sur les fermes. Longtemps, elles ont assuré, en plus de leur travail, un rôle ménager, administratif et familial essentiel. C’est seulement en 1980 que leur statut a été reconnu. Jusque-là, elles étaient considérées comme des « aides familiales ».

Aujourd’hui, un quart des exploitations agricoles en France sont dirigées par des femmes, contre 8% en 1970. Si, de nos jours, elles ont obtenu une meilleure visibilité, de nombreuses inégalités dans l’accès au métier, aux formations, la reconnaissance de l’aptitude physique… persistent encore.

En Ille-et-Vilaine, elles sont environ une centaine à travailler à la ferme. Sur les 9 912 chefs d'exploitation d'Ille-et-Vilaine, 3 005 sont des femmes. Mais le Civam relève une faible participation de celles-ci aux réunions et aux formations que le centre organise. L’enquête a donc contribué à mieux connaître les freins qui existent et les leviers à mettre en œuvre. Un groupe composé de paysannes et de conjointes de paysans, les « Elles de l’Adage », planche d’ailleurs sur cette question de la place des femmes dans l’agriculture.

Quatre types de freins

L’enquête, à laquelle 47 femmes (paysannes et conjointes de paysans) ont répondu, a permis de mettre en lumière plusieurs freins :

-    Une formation initiale moins systématiquement agricole : certaines agricultrices ont souligné la différence d’enseignement, théorique comme pratique, qui intervient entre les filles et les garçons lors de la formation ;
-    Une installation plus tardive sur la ferme : 29 des 36 paysannes enquêtées ont exercé une autre profession (parfois très éloignée du milieu agricole) avant de s’installer
-    Un accès différencié au statut : la majorité ont été « conjointes collaboratrices » durant plusieurs années en attendant le statut d’associée
-    Une division genrée du travail et un manque de reconnaissance.

* pourcentage de paysannes ayant estimé faire « souvent » ou « toujours ou presque » ces tâches sur les 36 qui ont répondu.  Adage 35

Ces différents freins ont permis de tracer des pistes d’action. Les « Elles de l’Adage » et  le Civam travaillent sur la sensibilisation du public scolaire. Réceptifs au sujet, les élèves des formations agricoles manifestent une volonté plus forte de répartir les tâches dans les fermes de manière plus équilibrée.

De son côté, l’Adage veut communiquer plus efficacement autour de la mixité des formations en incitant les femmes à s’y rendre, quelle que soit la thématique.
 

L’exemple d’Anne-Gaëlle et Yves-Alain, maraîchers à Iffendic depuis 2015

Anne Gaëlle et son compagnon Yves-Alain  sont installés depuis 3 ans sur 7 hectares de terres à Iffendic , converties en agriculture biologique, qu’ils louent à un agriculteur retraité. Anne-Gaëlle, diplômée en communication, a quitté son poste pour se professionnaliser en horticulture avant de créer la ferme avec son conjoint. Considérée par l’Etat comme « conjointe collaboratrice », elle ne détient pas de statut pérenne de salariée qui lui permette une stabilité et de bénéficier des aides sociales adéquates.

0,5 hectares consacrés à la production de choux

Cultivant plus d’une cinquantaine de variétés de légumes, ce couple de trentenaires prépare chaque semaine une centaine de paniers, distribués dans deux Associations pour le Maintien d’une Agriculture de Proximité (AMAP), à Pacé et La-Chapelle-des-Fougeretz. Mais surtout, 0,5 hectares est exclusivement consacré à la production de choux, destinés à la production de choux lacto-fermenté, plus couramment appelée choucroute. Et cela marche fort puisque ce mode de production leur a valu le prix label « InnovaBio » en 2015.
 

 © Anne-Gaëlle Scatton

Depuis, ils approvisionnent les magasins spécialisés et les épiceries de la métropole rennaise et du département (pays de Brocéliande et limitrophes). Cette année, ils espèrent enfin prendre quelques jours de vacances, après trois  ans de dur labeur, nécessaires pour l’installation d’une exploitation.

Pour plus d’informations sur la ferme et sur les points de vente : http://champ-gallo.fr/
 

Le Département soutient l’installation et l’autonomie des agriculteurs Bretilliens

Installer sa ferme maraîchère est synonyme de temps… et d’argent. Anne-Gaëlle et Yves-Alain ont pu bénéficier d’une aide à l’installation départementale dotation jeunes agriculteurs (DJA). À hauteur de 2 000€, celle-ci leur a permis, entre autres, de monter un tunnel pour protéger les future plantations, d’acheter des terres ainsi qu’une machine coupe-choux.

Les aides à l'installation leur ont ainsi permis d'assurer une source de revenu le temps du démarrage de l'activité. De la même manière,  les aides à la diversification les ont aidé à investir dans la création de leur système d'irrigation ainsi que dans l'achat de deux serres maraichères et du matériel nécessaire à la transformation du choux.

A noter : une aide à la diversification de 11 315 euros (pour le laboratoire de lacto-fermentation de choux à choucroute)  ainsi qu'une aide à la conversion bio a également été versée au couple. 

L’objectif des différentes aides du Département ? Procurer aux agriculteurs une autonomie dans la gestion de leurs ressources, les accompagner dans l’évolution de leur système de production ou encore dans la mise en place d’un atelier de production complémentaire.

Détail complet des aides sur https://www.ille-et-vilaine.fr/agriculture/aides