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La rennaissance des cafés collectifs ruraux

Baranoux à Saint-Senoux

En Bretagne comme ailleurs, l’épicerie-café-bar, c’est un peu l’âme d’un village. On y boit, on y mange, mais surtout, on s’y rencontre. Lieu de lien social par excellence, le bistrot du bourg demeure un endroit de services de proximité, de soutien entre les habitants. Au fil du temps, ces établissements ont périclité. Leur fermeture a fait disparaître ces échanges humains si précieux. Pourtant, aujourd’hui, de nombreuses initiatives, visant à rouvrir des commerces collectifs ruraux voient le jour en Ille-et-Vilaine, accompagnées et soutenues par des collectivités comme le Département. Un come-back réconfortant.

Bistrots ruraux : un siècle de fermetures

À l’image de la place du marché, le bar-café-épicerie du village constitue depuis toujours un repère pour les habitants. Multifonctions, intergénérationnels, de nombreux bistrots ont ainsi traversé les siècles en réunissant à leur comptoir familles, amis, simples voisins.

Au-delà de l’aspect festif et convivial, ces cafés ruraux ont toujours contribué à la solidarité et à l’entraide entre les « gens du coin ». Autour d’un café, d’un verre, d’un repas, on discute du quotidien, du travail, de la vie et de ses aléas. Le tenancier ou la tenancière du bistrot est une figure référente pour les habitants du village, prêtant à la fois une oreille attentive et conciliante.
 

Pourtant, en un siècle, de nombreux cafés commerces d’hyper proximité ont été contraint de fermer leurs portes. En France, on comptait 500 000 cafés de ce type en 1900, 200 000 en 1960 et plus que 40 000 en 2014… Une véritable hécatombe s’expliquant à la fois par l’évolution des modes de vie et d’habiter, mais aussi par l’absence de repreneurs. 

Le développement de la grande distribution, la désertification des campagnes, délaissée par les jeunes actifs voulant se rapprocher des grandes métropoles pourvoyeuses d’emplois, ont participé à ce phénomène. En Bretagne, les chiffres sont particulièrement parlants. Alors qu’en 1987, la région comptait près de 7 000 bars, il n’en subsistait que 3 500 en 2014, soit - 50%. Au siècle dernier, un village de 1000 âmes pouvait compter jusqu’à 30 bistrots, notamment du fait de la distribution de licences IV gratuites aux veuves de guerre. En quelques décennies, les cafés commerces n’ont cessé de s’éteindre dans les villages.

Le retour des cafés de campagne "nouvelle génération"

Se réinventer pour renaître : c’est un peu le credo des « nouveaux cafés collectifs ruraux ». Car une tendance de fond se dessine, un mouvement de renaissance de ces cafés-commerces ruraux abandonnés à leur sort pendant des années. Lieux alternatifs, épicerie solidaire ou vrac, espaces d’exposition et d’ateliers, cafés culturels, dépôt de paniers bio, fonctionnement participatif : les cafés d’antan sont réinvestis, transformés, révolutionnés, avec en fil rouge ce désir de fédérer, de faire revivre ces endroits de convivialité, en répondant aux besoins des habitants de territoires parfois enclavés ou isolés.

Le bistrot de campagne version 2021 fait écho aux aspirations nouvelles à la fois écologiques et sociales de la clientèle potentielle. Traditionnellement plutôt investi par les hommes, ce lieu d’échanges de savoirs et d’échanges tout court s’ouvre aux femmes et aux familles. Les épiceries font la part belle aux circuits courts, au bio, aux productions locales. Enthousiastes, les porteurs de projets rivalisent d’ingéniosité pour que ces commerces ruraux soient viables économiquement.

Cette résurrection des bistrots cafés ruraux se traduit dans les chiffres. Ainsi, le nombre des débits de boissons repart à la hausse (modeste toutefois) ces dernières années. On dénombre 7 000 établissements supplémentaires en 2018 par rapport à 2013, soit une augmentation de 20 %. Le changement de certaines modifications légales a contribué à accentuer cette tendance. Ainsi, depuis 2019, pour les communes de moins de 3 500 habitants, une simple demande à la mairie suffit pour obtenir une licence IV.

Café de campagne, enfin un Baranoux !

Onze projets déjà initiés en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, de nombreuses initiatives fleurissent pour redonner vie à ces cafés ruraux, portés par des collectifs d’habitants. Plus d'une dizaine de projets ont déjà vu le jour ou sont en train de se structurer sur le territoire bretillien. Les porteurs de projets sont accompagnés dans cette démarche par les communes et les collectivités, comme le Département d’Ille-et-Vilaine. Cet appui peut concerner le financement de travaux, mais aussi une aide à la construction du projet au niveau technique, logistique... Via un appel  à projets permanents, le Département peut participer au financement d’études d’opportunités de projets en lien avec la redynamisation des centres bourgs et l’accès aux services.

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Du projet à l'ouverture : mode d'emploi

Vous envisagez de reprendre un café commerce dans votre commune ?

Pour y parvenir, mieux vaut être méthodique et procéder par étapes : faire émerger le projet, réfléchir à l'accompagnement et financement, la gouvernance, l'emploi, les statuts juridiques... Retrouvez de nombreuses fiches pratiques pour démarrer votre projet dans le livret "Un café s'il vous plaît" édité par le Département d'Ille-et-Vilaine.

À télécharger ici