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Violences conjugales : les identifier pour mieux les prévenir

Visuel illustratif violences conjugales

Depuis 1999, le 25 novembre se déroule la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Plus largement, cette journée est l'occasion de sensibiliser et de mobiliser autour des violences conjugales. Chef de file des solidarités sociales, le Département joue un rôle clé dans la prévention des violences intrafamiliales, notamment à travers le maillage de proximité constitué par les 22 Centres départementaux d'action sociale... Violence psychologique, sexuelle, physique : quels sont les différents types de violence que l'on peut identifier ? À partir de quand peut-on parler de violences conjugales ? Où commence la violence et comment en sortir ?

Une journée pour informer et sensibiliser

Pourquoi la date du 25 novembre ? Parce qu'en 1960, trois femmes dominicaines, les soeurs Mirabal furent tuées sur les ordres du chef de l'Etat. En octobre 1999, les représentants de l'Etat dominicain et 74 états membres réunis pour la 54ème assemblée générale des Nations Unies proposent alors de faire de cette date du 25 novembre la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Depuis, chaque année, Etats et gouvernements sont incités à organiser lors de cette journée des événements pour sensibiliser, alerter, informer sur ce fléau des violences faites aux femmes.

Le Département, engagé de longue date dans la lutte contre les violences faites aux femmes et intrafamiliales a renforcé son action depuis la signature du schéma départemental d’aide aux victimes en septembre 2021. Il consolide aujourd’hui son rôle majeur et celui de ses centres départementaux d’action sociale en faveur de la lutte contre les violences. Le 25 novembre, de nombreuses actions sont programmées sur le territoire : projections-débats, conférences, théâtre...

L'objectif de ces actions : faire que chacun se sente concerné par ce phénomène de violence et se sente en droit et en capacité d'intervenir, soit directement, soit en donnant l'alerte. Comment agir lorsqu'on est victime ? Témoin de violences ? Ou encore professionnel.le ? Les conférences débats permettent de donner des clés pour répondre à ces questions.

Acteur engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes, le Département œuvre à travers ses 22 Centres Départementaux d’Action Sociale (Cdas) présents sur le territoire pour accompagner celles qui en auraient besoin. Un schéma départemental est mis œuvre pour améliorer la prise en charge des victimes :

  • Un accompagnement des victimes
  • Un protocole départemental
  • Les Intervenants Sociaux en Commissariats et Gendarmeries (ISCG)
  • Des actions dans les territoires

 

Témoin ? Victime ? Les contacts d'urgence à connaître

En Ille-et-Vilaine, l'écoute, l'information et l'orientation des victimes sont assurées en continu. Vous subissez ou assistez à des violences conjugales ou intrafamiliales ? Plusieurs numéros d'urgence et d'écoute sont à votre disposition.

  • 02 99 54 44 88 : la plateforme d'écoute et d'orientation de l’ASFAD continue d’assurer sa mission 24h/24 et 7j/7

 

  • 0 800 95 35 45 : le service départemental Info sociale en ligne répond aux questions du lundi au vendredi, de 9h à 18h (appel et service gratuit et confidentiel). Vous pouvez également adresser vos questions par mail : isl@ille-et-vilaine.fr

 

  • 3919 : le numéro d'écoute national

 

  • En cas de danger grave et immédiat, le 17 est le moyen de contact à utiliser, le numéro d’urgence SMS 114 pour les personnes ayant des difficultés à entendre et à parler.


D’autres dispositifs sont toujours en place : la plateforme de signalement des violences sexuelles (arretonslesviolesnces.gouv.fr), l’accueil d’urgence par les associations locales et les centres d’hébergement d’urgence, les pharmacies.

La spirale de la violence peut toucher tous les couples, quel que soit l'âge, le sexe, la classe sociale des personnes. Le 3 décembre, une conférence organisée à l'auditorium des archives départementales traite de la question des violences au sein des couples adolescents, car malheureusement, la violence peut s'immiscer dans de tout jeunes couples.
 

Violences conjugales : quelques chiffres clés

En 2019 :

  • 146 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire (soit une femme tuée tous les deux jours et demi)
  •  27 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire
  •  25 enfants sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple.
  • 84 % des morts au sein du couple sont des femmes
  • 213 000 femmes par an sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Ces femmes sont âgées de 18 à 75 ans.
  • 7 femmes victimes sur 10 déclarent avoir subi des faits répétés
  • 8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales.

Parmi les femmes victimes de violence, 18% déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou en commissariat de police suite à ces violences.

Source : « Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple. Année 2019 », ministère de l’Intérieur, Délégation aux victimes.

Le violentomètre*© : un outil pour jauger la violence

Suis-je directement concerné.e par les violences conjugales ? La réponse n'est pas toujours évidente. Il est fréquent que les victimes subissant des violences psychologiques au quotidien n'en aient pas réellement pris conscience. Insidieuse, la violence "ordinaire" subie chaque jour peut ne pas être identifiée comme tel. L'humiliation, les brimades systématiques, les atteintes à la vie privée constituent déjà en soi une forme de violence. Pour aider les victimes à se rendre compte que la situation qu'elles vivent n'est pas "normale", un outil baptisé "le violentomètre©" a été élaboré.

* Le violentomètre suivant s'est largement inspiré de celui réalisé par la mairie de Paris, Le Département de la Seine-Saint-Denis et l’association En Avant Toutes.

Le Département d'Ille-et-Vilaine a réadapté ce support, excellent moyen d'évaluer sa relation amoureuse sur l'échelle de la violence :
 

 

Violences conjugales : de la BD pour provoquer le déclic des victimes

Parce qu'une image vaut parfois mille mots, Nicolas Caruso a réalisé des planches de bande dessinée reprenant des scènes de la vie quotidienne qui doivent vous alerter si vous vous reconnaissez dans ces situations, ou encore si vous trouvez des similitudes les difficultés rencontrées par un proche. À destination de tous et toutes, elles ont vocation à être partagées, diffusées le plus largement possible, alors n'hésitez pas à les relayer.

Violences conjugales : moi aussi ?