Violences faites aux femmes
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Violences faites aux femmes : dans les gendarmeries et commissariats, des assistants sociaux libèrent la parole

femme angoissée

146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en 2019 soit 25 de plus que l’année précédente. La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre est l’occasion de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre toutes les violences faites aux femmes.

En 2019, 142 310 personnes, tous sexes confondus, ont été victimes de violences conjugales, soit un chiffre en hausse de 16 %, selon un bilan des services de police et de gendarmerie dévoilé par le ministère de l’Intérieur le 16 novembre dernier. 88 % de ces victimes sont des femmes.

Les commissariats de police et gendarmeries constituent les premiers recours pour les femmes victimes de violences. Il est essentiel qu’elles puissent y recevoir un accueil et une orientation adaptés. 

"Les gendarmes se sentent parfois désarmés face à la détresse de certaines victimes. Ils n’ont ni le statut, ni les outils, ni les moyens de faire de l’accompagnement social. Lorsqu’ils détectent une situation difficile ou conflictuelle, qui nécessite une réponse allant au-delà de la simple procédure judiciaire, ils me sollicitent. "

Christelle Mézière travaille depuis 2016 aux côtés des gendarmes des communautés de communes de Vitré et de la Roche aux fées. Intervenante sociale en gendarmerie pour l’Asfad, elle écoute et oriente les personnes vulnérables. Les victimes et auteurs de violences intrafamiliales notamment. Chaque semaine, elle sillonne le territoire et tient des demi-journées de permanence dans chacune des brigades, avec une présence accrue sur Vitré.

Sur les 103 victimes de violences conjugales aidées par Christelle Mézière en 2019, 93 étaient des femmes.

Libérer la parole des femmes victimes

« Lorsqu’elles arrivent en gendarmerie, ces femmes ont souvent besoin d’extérioriser leurs émotions, d’être rassurées. Je leur offre un espace d’écoute. Je les aide à mettre des mots sur les faits, à identifier les éléments qui relèvent de la violence, de l’atteinte à leur liberté, à leur dignité. Je les aide à construire leur récit de vie pour préparer leur audition ».
Garde et scolarisation des enfants, logement, suivi médical et psychologique… le travail d’écoute et d’accompagnement de l’intervenant social en gendarmerie ne s’arrête pas avec la mise en sécurité de la victime.
 
« Je suis présente sur toute la durée des procédures qui peuvent aller jusqu’à plusieurs mois. Cela permet de maintenir le lien avec ces femmes, de répondre aux nombreuses questions qu’elles se posent, et de les guider dans leur reconstruction » explique Christelle Mézière.
 
La mission de l’intervenante sociale en gendarmerie est également d’aider les victimes à préparer leurs démarches et les orienter vers les interlocuteurs qui pourront mettre en place un accompagnement sur la durée.
 
« Je ne m’inscris pas dans l’urgence, tient à préciser Christelle Mézière, lorsqu’une femme est en situation de péril ou de danger, c’est bien le 17 qu’il faut appeler ».
 

A l’image de Christelle Mézière, 7 intervenants sociaux sont déployés actuellement dans les gendarmeries et commissariats d’Ille-et-Vilaine. Près de 80 % des personnes accueillies sont des femmes.

Le Département d’Ille-et-Vilaine, un acteur fortement mobilisé dans la lutte contre les violences faites aux femmes

Le Département participe à la mise en œuvre et au financement des Intervenants Sociaux en Commissariat et Gendarmerie.

En 2020, son soutien financier (plus de 95 000 €) permet de :

  • pérenniser les postes d’ISCG situés sur la circonscription de police de Rennes, Vitré communauté / Roche aux Fées communauté  et sur le Pays de Saint-Malo
  • créer trois postes supplémentaires: sur les territoires de Brocéliande, de Fougères et de Rennes Métropole (zone gendarmerie)
  • déployer le poste à mi-temps de Redon vers un poste à temps plein pour y inclure Bain-de-Bretagne et Guichen

Ces postes sont co-financés par le Département et l'Etat qui sont étroitement associés pour permettre leur déploiement et leur pérennisation sur tout le territoire.
 
Dans le cadre de ses missions d’action sociale, le Département contribue à l’accueil et l’accompagnement de personnes victimes de violences, dans les Centres Départementaux d’Action Sociale (Cdas), les centres de planification et d’éducation familiale, le Service d’Accompagnement des femmes enceintes en difficultés (SAFED). Par l'intermédiaire de son service info sociale en ligne, il oriente également les victimes ou leur entourage en fonction de leurs besoins.

Femmes victimes de violences, comment alerter ?

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Approfondir

Relire le témoignage de Nathalie, victime de violences conjugales, créatrice du groupe d’entraide Le poids des maux