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Volontaires-solidaires, elles ont décidé de s’engager

Cécile et Sabine font partie des soixante-dix agents départementaux qui se sont portés volontaires pour prêter main forte, sur leur temps de travail, aux établissements sociaux et médico-sociaux. Plusieurs après-midis par semaine, elles interviennent auprès de mineurs non accompagnés. Une expérience qui leur ouvre de nouveaux horizons.

Cécile Defois en cours de soutien scolaire avec deux jeunes pris en charge par la mission mineurs non accompagnés.


Ahmed, Yassine, Yaya et Karamoko sont de jeunes étrangers pris en charge par la mission mineurs non accompagnés (MNA) du Département. Confinés comme nous tous, le temps est long dans l’hôtel où ils sont hébergés. Il y a quelques semaines, la cellule de coordination des agents départementaux volontaires propose à des collègues d’intervenir auprès de ces adolescents.

« J’avais besoin de me rendre utile »

Cécile Defois est chargée de mission vie sociale au pôle territoires et services de proximité. Sabine Guerroué est cheffe de projet communication à la direction de la communication. La crise sanitaire les a réunies pour une mission toute autre que leur travail habituel. « Quand j’ai pris  conscience que le confinement allait durer, rester inactive allait devenir compliqué. J’ai tout de suite accepté de faire du soutien scolaire auprès des mineurs non accompagnés », explique Cécile. « Durant cette période si particulière, je souhaitais m’investir pour être utile à ceux qui pourraient en avoir besoin » confie Sabine.

Entre quatre et six jeunes maximum suivent les cours de Cécile et Sabine. L’apprentissage du français et du soutien scolaire de façon plus générale sont dispensés une à quatre après-midi par semaine en fonction des possibilités personnelles et professionnelles de Cécile et Sabine. « Les salles de restauration et d’accueil de l’hôtel se transforment en salle de classe, détaille Sabine. Nous installons les tables de manière à respecter les distances sanitaires recommandées et nous nous transformons en formatrices ». L’espace restreint et l’application des gestes barrières ne facilitent pas l’exercice. « Cela nous contraint dans la manière d’animer une séance pour limiter les interactions entre eux » avoue Cécile.

Créer l’échange et s’adapter

En deux groupes, l’un francophone et l’autre non, les demi-journées passent vite. Les niveaux sont très différents. « Nous essayons d’individualiser au maximum et avons fait le choix d’encadrer toujours les mêmes jeunes afin de créer un véritable échange et de suivre leur progression » indique Sabine. Le travail se fait à l’oral pour apprendre des mots ou des phrases du quotidien mais aussi via des vidéos, des magazines, des BD. « Les jeunes francophones nous ont demandé des dictées pour s’améliorer à l’écrit. Ils ont aussi des questions sur la société française, la laïcité, l’histoire de France » complète Sabine.
 

Sabine Guerroué, formatrice occasionnelle en français.


S’improviser formateur en français langue étrangère n’est pas évident. « J’ai pu compter sur les ressources d’amis profs, mais également sur les documents qu’Emmanuel Morvan, adjoint vie sociale à l’agence de Rennes et coordinateur des volontaires intervenants auprès des MNA, a pu récupérer auprès de l’Education nationale, précise Cécile. Mais l’important c’est de passer du temps avec ces jeunes qui peuvent se sentir isolés pendant cette période ».

« Ces rencontres font relativiser nos propres impatiences »

Une expérience nouvelle pour Cécile et Sabine qui s’avère riche d’enseignement.
« A titre professionnel, ça permet de s’interroger sur la manière dont on peut s’adresser à des publics plus éloignés de nos codes, ça oblige à changer de points de vue et à sortir de notre zone de confort. C’est toujours bénéfique et enrichissant en communication. Humainement, c’est touchant de voir l’envie de ces jeunes d’apprendre. Leur patience est impressionnante. Leur réalité est plus difficile que la nôtre au quotidien » conclut Sabine.
Et quand Karamoko dit : « Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à l’école, je suis content d’apprendre », ça prend tout son sens.