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Identité

Ille-et-Vilaine : identité

Le dynamisme culturel des festivals : ici les Transmusicales.
Le dynamisme culturel des festivals : ici les Transmusicales.

L’Ille-et-Vilaine est située en Haute-Bretagne, pourtant géographiquement plus basse que la Basse-Bretagne. Cette dénomination « haute » est liée à la situation géographique de Rennes, plus proche de Paris. Les habitants d'Ille-et-Vilaine revendiquent leur attachement à leur territoire.

Ils affirment aussi leur appartenance à la Bretagne et à ses valeurs, tout en s’en démarquant par certains aspects. Bretons dans l'âme, ils expriment un tempérament tout en nuance, équilibré et vivant. Hauts-Bretons, ils partagent avec leurs voisins, le sens du collectif, de la liberté, du travail et de la solidarité. Portes frontières des marches de Bretagne, le département incarne une personnalité à la fois imprégnée de culture gallèse et de modernité.
 

Des Bretilliens attachés à leur département

Les habitants d’Ille-et-Vilaine partagent avec leurs cousins, des traits de caractère et un lien à la culture bretonne. Des réalités identitaires qui ne masquent pas, néanmoins, un esprit terrien, à la fois ancré dans ses racines et tourné vers la modernité.

L’Ille-et-Vilaine : une Bretagne duale

« Si l’Ille-et-Vilaine était une personne, elle serait l’abbé Pierre ou Jacques Delors».Extrait de l’enquête Portrait identitaire de l' Ille-et-Vilaine, 2009.

Le département reste tiraillé entre le fond de conservatisme de ses campagnes et le dynamisme de ses métropoles. Ses habitants ressemblent à l’ensemble des bretons. Soixante pourcents d'entre eux estiment partager les mêmes valeurs : la pugnacité, l’amour du sol natal, l’esprit d’entreprendre, la famille, la fidélité… Un caractère terrien fondé sur un héritage religieux commun. Des particularités identitaires les différencient, cependant. Continentaux plus que marins, ils préfèrent la discrétion au paraître et sont dotés d’un sens aigu de la mesure et du consensus. Le département d’Ille-et-Vilaine, territoire de passage et de liens, ouvert sur la mer et aux portes de la Bretagne, a contribué à modeler l’esprit d’aventure, de tolérance, d’indépendance, et le sens de la modernité de ses habitants. « On est dans un territoire qui est non conflictuel […] Citroën s’est implanté à Rennes en pensant qu’il n’y aurait pas de grèves, qu’il y avait une douceur ici […] Les habitants d’Ille-et-Vilaine n’ont pas un tempérament de feu, c’est tout en douceur. » Dominique Irvoas-Dantec, directrice de l’Office de tourisme de Rennes Métropole.

Une double culture bretonne et gallèse

La Bretagne est traversée par une ligne de démarcation culturelle, à l’ouest de Saint-Brieuc et à l’est de Vannes. Elle se divise entre la Basse-Bretagne avec la langue bretonne et la Haute-Bretagne avec le gallo, dont fait partie l’Ille-et-Vilaine. La majorité de ses habitants considère que le département possède une langue, un accent ou des expressions particulières. La conscience d’appartenance historique au pays gallo contribue à différencier l’Ille-et-Vilaine du pays bretonnant. Elle lui confère une identité linguistique et touristique propre. Pratiqué par environ 60 000 locuteurs (Source : Institut d’inventaire et de valorisation du gallo), le gallo se maintient essentiellement en milieu rural et chez les anciens, mémoire orale du parler gallo. De nombreuses associations militent, également, pour maintenir cette langue, associée à un riche patrimoine oral et culturel (contes, chansons, danses…).

« Le renouveau du conte a commencé fin 19e. Il est une réponse à une recherche d’identité, à la nécessité de personnaliser son avoir culturel. Les collecteurs d’après-guerre sont issus du mouvement culturel breton. » Simone Morand et Albert Poulain, collecteurs bretons. Traditionnellement, la langue bretonne n’est pas parlée en Ille-et-Vilaine. Toutefois, les Bretons originaires de Basse-Bretagne, implantés en Ille-et-Vilaine pour le travail, la pratiquent souvent. De surcroît, dans cette terre de brassage, la langue bretonne bénéficie d’un regain d’intérêt chez les jeunes générations. 

Un fort sentiment d'appartenance au département d’Ille-et-Vilaine

« On est les moins bretons des Bretons, plutôt une porte d’entrée de la Bretagne. Dire qu’on est breton, c’est une porte d’entrée dans l’échange avec l’autre. » Yvonne Preteseille, libraire. Les habitants d’Ille-et-Vilaine se sentent à la fois bretons et très attachés à leur département. Symbole de cette intégration identitaire, un habitant sur deux pense que l’Ille-et-Vilaine ne possède pas de différences significatives avec les autres départements de la région. Un sentiment qui ne cache pas, néanmoins, une relation affective forte au terroir.

L’ancrage local se manifeste par la volonté de rester au pays ou d’y revenir, pour ceux qui se sont éloignés. Et une conscience d’appartenance à la Bretagne qui s’estompe avec le développement des échanges internationaux et l’arrivée de nouveaux habitants. Désormais, l’identité départementale et le rattachement au grand ouest prédominent. Un phénomène accru par un complexe d’infériorité des habitants d’Ille-et-Vilaine face aux autres départements, réputés « plus bretons. » « Je crois que les habitants d’Ille-et-Vilaine ne parlent pas de leur département de manière forcément valorisante, parce qu’on leur répète sans cesse qu’ils ne sont pas tout à fait bretons, pas complètement ceci, pas complètement cela. » François Richou, président du comité départemental du tourisme d’Ille-et-Vilaine.

L’échange et la solidarité : expression forte de l’esprit collectif de l’Ille-et-Vilaine

L’Ille-et-Vilaine, territoire de liens, privilégie la dimension humaine et la solidarité. Ses habitants cultivent une sensibilité aux liens sociaux et familiaux. Vecteurs de vitalité, la forte présence des réseaux associatifs, en témoignent.

Le monde associatif : une force pour le département d’Ille-et-Vilaine

L’engagement personnel et le sens du collectif densifient les réseaux associatifs très présents dans le département. Avec 3 200 associations, l’Ille-et-Vilaine concentre la plus importante densité associative en Bretagne : 37 associations pour 10 000 habitants, contre moins de 35 pour les trois autres départements. Créateur d’emplois, le milieu associatif ne compte pas moins de 26 000 salariés. Un dynamisme qui illustre l’esprit de lien et l’engagement des habitants. Sur un autre plan, l’offre abondante et la diversité des associations participent à l’intégration des nouveaux habitants. « L’extrême densité du tissu associatif contribue fortement à l’intégration des gens. Partout dans les petites communes, les nouveaux arrivants sont tout de suite intégrés par de multiples associations. » Catherine Durfort, directrice la communication du Département d’Ille-et-Vilaine.
Autre atout : le milieu associatif favorise le développement d’une vie culturelle et sportive intense. En effet, le dynamisme associatif est à l’origine du foisonnement artistique et culturel dans tout le département. Quant aux associations sportives, elles comptent plus de 350 clubs de foot, un club dans chaque commune, 258 000 licenciés sportifs, 2 600 clubs sportifs et 13 000 bénévoles (Source : Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine).

Convivialité et savoir-vivre en intelligence en Ille-et-Vilaine

"Afin de ne pas conserver la viande (bien que l’on avait du sel et que l’on ne payait pas la gabelle avant la Révolution) on invitait tous les voisins, les fâchés les pas fâchés ; si le fâché venait, on ne parlait plus de rien, on s’embrassait. » Albert Poulain, collecteur breton. La culture de la convivialité est toujours très actuelle. Elle s’exprime par le goût de la fête et de la tablée autour d’une cuisine simple. A l’image de son plat identitaire, la galette saucisse, de son apéritif local, la godinette ou de ses marchés emblématiques comme le marché des Lices à Rennes, troisième marché de France. Elle prend également la forme de rencontres festives et sportives incontournables : matchs de foot au Stade rennais, fest-noz et fêtes gallèses, kermesses, festivals… Enfin, les jeux traditionnels ont toujours le vent en poupe. « Le jeu du palet, à la belle saison, a l’ampleur d’un sport national. » Guides bleus, 1995.

De l’extérieur, l’habitant d’Ille-et-Vilaine apparaît comme « accueillant, ouvert, chaleureux, gentil, convivial ». La position littorale et frontière, terre de brassage, historiquement soumise à « l’appel de l’ailleurs », a développé ce sens de l’accueil et de l’ouverture aux autres. Une ouverture peu visible au premier abord. Caractérisées par une certaine réserve lors des premiers contacts, les relations aux autres débouchent généralement sur une solide fidélité. 

Solidarité et sens du collectif

Territoire de liens et de passage, l’Ille-et-Vilaine défend une culture humaniste et solidaire, respectueuse de l’engagement personnel et des vertus du dialogue.Les relations humaines sont simples et décontractées. Les rencontres détendues, conviviales, solidaires et festives, y compris à Rennes, grande ville à taille humaine, à la qualité de vie de village. sa signature, le "Vivre en intelligence", souligne la  « reconnaissance de la capacité qu’ont les Rennais à dialoguer et à travailler ensemble, au-delà de leurs différences philosophiques ou partisanes. » Pierre Dechiffre, Gilbert Lebrun, Rennes, 2002.

Le lien social et la qualité des relations humaines sont favorisés par la physionomie du département. En effet, elles s’épanouissent sur un territoire accessible, sans gigantisme ni grand relief. Les déplacements et les échanges sont facilités. Un département à taille humaine qui permet une « vie à taille humaine » (Signature du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine).

En chiffres

Nombre d’habitants : 1 007 900 habitants. C’est le département le plus peuplé de Bretagne. (Source INSEE, janvier 2015)

Répartition des catégories socio-professionnelles : ouvriers 57 % ; cadres 10 % ; agriculteurs 5,5 %

Âge moyen : département le plus jeune de Bretagne, l’âge moyen est de 38 ans. Deux habitants sur cinq ont moins de 30 ans. (Source INSEE 2006)