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Pont Saint-Hubert : opération rénovation pour l'unique pont suspendu d'Ille-et-Vilaine

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Unique pont suspendu du territoire bretillien, le pont Saint-Hubert relie les deux rives de la Rance entre les communes de Ville-es-Nonais et Plouër-sur-Rance. Ses 286,50 mètres franchissent également une "frontière" départementale, puisque l'ouvrage raccorde l'Ille-et-Vilaine et les Côtes d'Armor. Ouvrage métallique d'exception, à la fois de par son architecture, son histoire et sa technicité, le viaduc fait l'objet d'une surveillance étroite de la part du service génie civil du Département d'Ille-et-Vilaine, responsable de sa gestion et son entretien. Des études vont être menées durant toute l'année 2021, dans la perspective d'importants travaux de rénovation  qui devraient intervenir en 2023 et 2024.

Avec sa charpente métallique, ses câbles en acier et ses larges pilliers de béton plongeant dans la Rance, le pont Saint-Hubert achevé en 1929 dans sa version initiale fait figure d'exception à l'échelle du Département. Il s'agit de l'unique pont suspendu du Département.

Implanté à une petite centaine de mètres du pont Chateaubriand (RN176), plus récent, le viaduc Saint-Hubert est emprunté quotidiennement par 3000 véhicules. Interdit aux engins de plus de 19 tonnes, le pont fait l'objet d'une surveillance particulière par les services du Département. Des fragilités ont été identifiées sur l'ouvrage. Des investigations techniques vont se poursuivre durant plus d'un an avant d'entamer d'importants travaux dès 2023.

Quel schéma de circulation sur le pont rénové ?

« On doit aussi s’interroger sur le devenir de l’ouvrage : conserve-t-on les deux voies de circulation ? Envisage-t-on une circulation douce pour les piétons ou les cyclistes ? », explique Bertrand Veillard, responsable du service génie civil au Département. Pour insérer une voie cyclable ou piétonne, il sera nécessaire d'élargir le pont, par exemple en construisant une passerelle à l'extérieur via un système de contournement. "Nous réfléchissons aussi à la mise en place d'un chaussidou ou chaussée à voie centrale banalisée, les expérimentations de ce système semblent concluantes à plusieurs endroits", explique Bertrand Thepaut, chargé d'études en génie civil. Cet aménagement vise à inciter les automobilistes à rouler au centre de la chaussée lorsqu'aucun véhicule ne se présente en face et à ménager un espace suffisant aux cyclistes lors de leur dépassement. Aucune décision n'est encore prise pour le schéma de circulation à mettre en place sur le futur pont.

Découvrez l'histoire de ce pont remarquable, son fonctionnement, ses secrets dans notre webdocumentaire

Pont Saint-Hubert: contre vents et marées

 

1000 ouvrages gérés par le Département d'Ille-et-Vilaine

Sur l'ensemble du département d'Ille-et-Vilaine, un millier d'ouvrages font l'objet d'une surveillance par les services du Département. Le service chargé des "ouvrages d'art" travaille avec les agences du Département réparties sur le territoire. Pour rappel, en génie civil, on appelle "ouvrage" tous les ponts et viaducs mesurant plus de 2 mètres,les passerelles, les digues, les murs de soutènement et les murs anti-bruit. Une grande majorité des ponts sont des ponts hydrauliques, c'est-à-dire qu'ils servent à traverser un cours d'eau, une rivière... Chaque ouvrage fait l'objet d'une visite tous les 3 ans, destinée à révéler d'éventuelles degradations ou faiblesses sur la structure.

À partir de ce repérage minutieux, des travaux de réfection de l'ouvrage sont programmés si besoin. Parmi tous les ouvrages, une liste de priorités est établie. "Entre 30 et 40 ouvrages sont en travaux chaque année", précise Bertrand Thepaut, chargé d'études en génie civil. En fonction de la complexité des travaux à réaliser, le chantier est piloté par les agences ou par le service génie civil. "Nous nous occupons uniquement des ouvrages les plus pointus comme le pont Saint-Hubert", poursuit-il.

L'entretien des ouvrages d'art nécessite une enveloppe budgétaire en augmentation chaque année. "En 2020, le budget consacré à l’entretien des ouvrages courants a été multiplié par deux pour atteindre 1,7 million d’euros", rappelle Philippe Herrou, directeur de la gestion des routes départementales.